J'ai ouvert la fenêtre de ma chambre. Je souffre d'une claustrophobie passagère. Il doit être minuit, peut-être une heure. Je redoute de ne plus jamais voir le jour. 

Mes paupières cherchent à s'abaisser pour soulager l'appel au sommeil que lance mon cerveau. Le stress les garde ouvertes. Parfois, elles se ferment quelques secondes. Je m'endors à peine. Un plongeon du haut d'un immeuble. Mon inconscient hurle de panique à mon cœur arrêté. Il ne bat plus ! Je me redresse, angoissé. Un drame sauvé par le réveil en sursaut.

Je n'allume pas la lumière, cela reviendrait à abdiquer. Je lance mon bras gauche en arrière de mon dos. Il repose sur mon poignet, calé contre le matelas. J'approche ma main droite, la placarde sur ma gorge. Mes doigts entourent mon cou à la limite de l'asphyxie. Il faut bien cela pour sentir une éventuelle pulsion de mon muscle bloqué.

Pom-pom... Pom-pom... Pom-pom...

Des battements écartent mes doigts de quelques millimètres. Dans mes oreilles, un bruit sourd suit le tempo. Fausse alerte, il bat. Je me rallonge, soulagé. D'abord sans m'en rendre compte, je masse mon poignet gauche endolori. Je réalise ensuite son état. Est-ce le travail de maintien réalisé le long de mon hypothétique arrêt cardiaque ? Et si cette douleur à l'avant-bras était un signe précurseur d'un malaise imminent ? Une fourmilière entière s'active dans mes vaisseaux sanguins. J'ai peur de connaître la sensation de leur prochaine éradication. Il ne bat plus ! 

J'inspire et expire le plus fort possible, afin de faire entrer un oxygène pur dans mon organisme. Une pointe poignarde ma poitrine. Je tâte entre mes côtes, mais n'arrive pas à toucher l'étrange gêne. Mes idées s'évaporent et un sifflement sort de ma bouche. Seraient-ce alors les poumons ? Je prends à nouveau une grande inspiration. La fraîcheur renouvelle l'air dans mes organes. Je respire. « Tout. Va. Bien. » Je me tourne, pour être allongé sur le ventre. Le torse collé au matelas reçoit une indication de mon rythme cardiaque. Pour la conforter, j'appuie fortement le côté de ma tête contre l'oreiller. Ainsi, j'entends le battement lent et grave résonner sur le tissu.

Pom-pom... Pom-pom... Pom-pom...

Pas d'alerte, il bat. Mes paupières cherchent à s'abaisser pour soulager l'appel au sommeil que lance mon cerveau. Elles se ferment. Je visualise une fenêtre ouverte dans une chambre. Un homme souffre d'une claustrophobie passagère. Il doit être minuit, peut-être une heure. Il redoute de ne plus jamais voir le jour. 

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